Redevance sur le trafic poids lourds liée aux prestations (1989–1998)
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Cet
article regroupe les textes parus dans l'Année politique suisse sur ce
dossier important de la politique helvétique des transports. Ils n'ont
pas été modifiés, si ce n'est la suppression des sources
citées en notes de bas de page.
Initiative "pour la suppression de la taxe sur les poids lourds"
Le Conseil fédéral,
dans son message, a proposé aux Chambres de rejeter les initiatives "
pour
la suppression de la vignette routière" et "
pour la suppression
de la taxe sur les poids lourds" et de n'y opposer aucun contre–projet.
Ces initiatives, déposées en 1986 munies de plus de 112 000 signatures,
furent lancées immédiatement après l'introduction de ces
taxes en 1985. Selon le gouvernement, renoncer à ces redevances irait
à l'encontre du mouvement d'introduction d'un impôt sur les poids
lourds par certains pays de la CE ainsi que des péages autoroutiers qui
seraient, à l'étranger, l'équivalent de la vignette [
1].
Ces taxes seraient également nécessaires pour participer à
la couverture des frais de construction et d'entretien des routes. De plus,
elles représentent une formule valable du principe du pollueur–payeur.
Le Conseil des Etats a largement suivi la position du Conseil fédéral.
Le Conseil national, pour sa part, a rejeté la motion Scherrer (pa, BE)
portant sur le même sujet [
2].
Le Conseil fédéral
est d'autant plus opposé à ces deux initiatives qu'il entend rendre
ces taxes définitives et les fixer dans la Constitution, alors qu'elles
avaient initialement été décrétées provisoires
jusqu'à la fin de l'année 1994. La première tentative ayant
échoué avec le rejet de la politique coordonnée des transports
en 1988, le gouvernement a, à cet effet, soumis à consultation
deux projets d'articles constitutionnels. Ces nouvelles dispositions
devraient sensiblement modifier le régime actuel; harmoniser ces taxes
avec des projets similaires actuellement étudiés par divers pays
européens (RFA en particulier) et mieux reporter sur les usagers les
dépenses générées par le trafic routier afin de
pouvoir couvrir les frais (routes, protection de l'environnement) actuellement
mis à la charge de la collectivité. En conséquence, le
produit de ces prélèvements (environ 300 millions de francs par
an) n'irait plus directement dans la caisse fédérale mais serait
affecté à des tâches précises – entretien et exploitation
des routes, protection de la nature, campagnes de prévention des accidents,
aide aux régions économiquement défavorisées. En
outre, la taxe poids lourds ne serait plus forfaitaire, mais fixée en
fonction du kilométrage.
Le Conseil national
a suivi le Conseil des Etats dans sa décision de rejeter sans contre–projet
les initiatives "pour la suppression de la vignette routière"
et "pour la suppression de la taxe sur les poids lourds". Seuls les libéraux,
emmenés par Ch. Friderici (VD), ainsi que les automobilistes ont combattu
ces taxes en arguant qu'elles pénalisaient les entreprises de transports
routiers et créaient un handicap pour le développement du tourisme
en Suisse. La majorité de la chambre les défendit, en raison notamment
du fait qu'elles permettent de compenser, en partie, le déséquilibre
du compte routier (la route ne couvrant pas ses frais) et vont dans le sens
des efforts menés actuellement par la CE 18. Un mois après le
rejet du Conseil national, les initiants, avec B. Böhi à leur tête,
annonçaient le retrait des deux initiatives. Ils motivèrent
leur acte par le manque de soutien reçu de la part des organisations
automobilistes. Ces textes ne seront donc pas soumis au peuple.
Ces deux taxes
avaient été initialement instaurées pour une durée
de dix ans, c'est–à–dire jusqu'en 1994. En 1989, le Conseil fédéral
avait mis en consultation des projets d'articles constitutionnels afin
de les rendre définitives. De cette procédure, il ressort que
personne, à part les organisations d'automobilistes, ne les remet en
cause. Cependant, quelques divergences existent. Les partis bourgeois ne désirent
pas les fixer dans la Constitution et voudraient trouver une solution en harmonie
avec la CE. Les socialistes et les écologistes estiment qu'elles devraient
être, avant tout, liées aux kilomètres parcourus.
Procédure de consultation sur une taxe poids lourds
Dans le cadre des
mesures complémentaires contre la pollution atmosphérique, le
Conseil fédéral a annoncé qu'il voulait, provisoirement
en tout cas, maintenirla vignette autoroutière dans sa forme actuelle.
Cette solution a rencontré un net succès lors de la procédure
de consultation. Selon le gouvernement, elle serait justifiée, car le
trafic routier ne couvre pas les coûts qu'il occasionne. D'autre part,
si le principe d'une taxe sur les poids lourds ne fut pas remis en question,
sa formule devrait néanmoins changer; elle pourrait ainsi se transformer
en une redevance liée aux kilomètres parcourus. Ce système
a également remporté bon nombre de suffrages lors de la consultation,
au contraire d'une taxe supplémentaire dépendant des émissions
polluantes. Cependant, aucune décision ne devrait être prise avant
que la CE ne se soit prononcée sur le problème, car la Suisse
aimerait pouvoir s'harmoniser avec la solution qu'elle adoptera.
L'exécutif propose une taxe liée aux prestations
Le Conseil fédéral
a présenté son message concernant la
prorogation et la refonte
des redevances sur l'utilisation des routes. Ces taxes ayant une durée
de validité de dix ans, elles arriveront à échéance
en 1994. Or, le gouvernement entend les prolonger tant que le trafic routier
ne couvre pas les frais qu'il occasionne, et désire d'autant plus les
maintenir que d'autres Etats européens ont introduit de tels instruments,
et que la CE envisage de faire de même. En outre, la procédure
de consultation, largement positive en ce domaine, lui a donné le feu
vert. Les seules modifications par rapport à l'ancienne version sont,
d'une part, le relèvement du prix de la vignette autoroutière
(40 francs au lieu de 30) pour l'adapter au renchérissement et, d'autre
part, l'inscription, dans l'article constitutionnel concernant la taxe poids
lourds, d'un alinéa stipulant qu'à terme,
le gouvernement pourra
percevoir une taxe non pas forfaitaire comme aujourd'hui, mais liée aux
prestations. La commission du Conseil national a largement accepté
les propositions du gouvernement [
3].
Le parlement accepte l'idée d'une taxe poids lourds liée aux prestations
Les Chambres ont
globalement adopté le projet du Conseil fédéral
concernant les redevances routières. Les principales modifications qu'elles
ont apportées, soumises qu'elles étaient aux pressions des libéraux
et des automobilistes, consistent, d'une part, en ce que seul le parlement soit
compétent pour adapter la taxe poids lourds et la vignette autoroutière
au renchérissement dans un arrêté soumis au référendum,
et non pas le gouvernement comme ce dernier le demandait. D'autre part, le parlement
a limité jusqu'en 2004 la taxe poids lourds au lieu de la rendre définitive.
A ce sujet, il a cependant accepté d'inscrire dans l'article constitutionnel
la possibilité de percevoir une taxe liée aux prestations
selon le modèle que la CE pourrait adopter à l'avenir. Devant
la grande chambre, le groupe libéral, emmené par Ch. Friderici
(pl, VD), a tenté sans succès de s'opposer au passage à
une solution eurocompatible et à l'adaptation au renchérissement
de ces taxes. Le parti des automobilistes, par essence opposé à
ces dernières, a professé dans tous les cas la non–entrée
en matière. Les verts ont, pour leur part, échoué à
imposer qu'une part du revenu des redevances soit affectée à d'autres
postes du budget que les routes.
Votations sur les taxes routières
Le souverain s'est
prononcé sur les trois objets relatifs aux taxes routières adoptées
par le parlement en 1993. Les deux premiers concernent la prorogation et l'adaptation
au renchérissement de la vignette autoroutière et de la taxe poids
lourds. Le troisième consiste en la possibilité pour la Suisse
d'introduire une taxe poids lourds liée aux prestations sur le même
modèle que celle que l'UE pourrait créer à l'avenir. Tous
ces projets ont été largementacceptés par plus des
deux tiers des votants, le canton le plus favorable étant celui de Bâle–Ville
avec plus de 80% de oui dans les trois cas. Sans surprise, les cantons les plus
réfractaires à ces redevances furent les cantons romands. Toutefois,
alors qu'ils avaient tous refusé la taxe autoroutière et la taxe
poids lourds lors de leur introduction en 1984, seuls Vaud et Neuchâtel
ont dit non à la première et aucun à la seconde. Pour la
taxe poids lourds liée aux prestations, Vaud et le Valais, uniquement,
se sont opposés au projet présenté.
Arrêté fédéral concernant
la prorogation de la redevance pour l'utilisation des routes nationales
Votation du 20 février 1994
Participation:
40,8%
Oui: 1 259 609 (68,5%) / 18 6/2 cantons
Non: 579 877 (31,5%) / 2 cantons
Mots d'ordre:
– Oui: PRD (2*), PS, PDC, UDC (4*), PE (1*), AdI, PEP, DS (1*), PdT;
Vorort, USS, CSCS, USP, TCS, ATE.
– Non: PdL (ex–PA), Lega; USAM, Association des transporteurs routiers.
– Liberté de vote: PL (1*); ACS.
* Recommandations
différentes des partis cantonaux
Les partisans
des redevances routières, soit la grande majorité des partis et
organisations, ont estimé que ces taxes et leur augmentation étaient
justifiées par le fait que le trafic privé ne couvre pas ses
coûts et que les usagers doivent continuer à participer aux
frais d'infrastructure, à l'image de ce qui se fait dans de nombreux
autres pays. Ils ont ainsi considéré, eu égard à
l'état des finances fédérales, que ces sources de revenu
étaient nécessaires pour financer l'achèvement du réseau
des routes nationales ainsi que les futures transversales alpines. Concernant
la vignette autoroutière, ils ont fait remarquer que son prix était
relativement modique par rapport aux prélèvements effectués
dans les pays voisins (France et Italie notamment). Les défenseurs de
la taxe poids lourds l'ont justifiée en arguant que plusieurs pays de
l'UE avaient décidé d'en instaurer une. La possibilité
d'introduire une taxe poids lourds liée aux prestations a été
présentée comme allant dans le sens de l'équité
et de la protection de l'environnement (principe du pollueur–payeur), mais aussi
comme une nécessité en vue d'une harmonisation avec les projets
de l'UE.
Arrêté
fédéral concernant la prorogation de la redevance sur le trafic
des poids lourds
Votation du 20 février 1994
Participation:
40,8%
Oui: 1 324 242 (72,2%) / tous les cantons
Non: 509 222 (27,8%)
Mots d'ordre:
– Oui: PRD (6*), PS, PDC (1*), UDC (9*), PE, AdI, PEP, DS, PdT; Vorort,
USS, CSCS, USP, ATE.
– Non: PL (1*), PdL (ex–PA), Lega; USAM, Association des transporteurs
routiers.
– Liberté de vote: ACS.
* Recommandations
différentes des partis cantonaux
Les opposants
aux redevances et, en particulier, à leur augmentation – l'Association
suisse des transporteurs routiers dirigée par le conseiller national
Friderici (pl, VD), mais également les automobilistes ou l'USAM ainsi
que les démocrates du centre, les libéraux et la majorité
des sections cantonales du PRD dans le cas de la taxe poids lourds liée
aux prestations – ont protesté contre de nouvelles ponctions opérées
en direction des automobilistes et des transporteurs qui, selon eux, nuiraient
à l'économie suisse en général. Ils ont considéré
que l'augmentation de la taxe autoroutière était inadmissible
alors que les citoyens devaient déjà supporter une hausse du prix
de l'essence ou l'introduction de la TVA. Pour la taxe poids lourds, ils ont
estimé que son augmentation risquait de provoquer des mesures de rétorsion
de la part des pays étrangers, renchérirait le prix des marchandises
et diminuerait la capacité de concurrence des transporteurs suisses.
Quant à la taxe poids lourds liée aux prestations, ils ont contesté
son eurocompatibilité, faisant remarquer que l'UE n'avait pris encore
aucune décision et que, en son sein, les oppositions étaient nombreuses,
notamment de la part des pays du sud de l'Europe.
Votation du 20 février 1994
Participation:
40,8%
Oui: 1 221 630 (67,1%) / 18 6/2 cantons
Non: 597 911 (32,9%) / 2 cantons
Mots d'ordre:
– Oui: PRD (16*), PS, PDC (2*), PE, AdI, PEP, DS, PdT; Vorort, USS, CSCS,
USP, ATE.
– Non: UDC (4*), PL (1*), PdL (ex–PA), Lega; USAM, Association des transporteurs
routiers.
– Liberté de vote: ACS.
* Recommandations
différentes des partis cantonaux
L' analyse VOX
de ces votations a relevé que la motivation principale des personnes
ayant voté oui a été relative à une volonté
de garantir la vérité des coûts dans le trafic routier ainsi
qu'à la nécessité de donner des moyens financiers supplémentaires
à l'Etat, en particulier afin de réaliser de nouvelles infrastructures
routières. Le principe du pollueur–payeur a trouvé un large écho,
notamment en ce qui concerne la taxe poids lourds liée aux prestations.
Ce sont les personnes proches des organisations de protection de l'environnement,
du PSS et du PDC qui ont voté le plus massivement oui. Les sympathisants
du PRD et de l'UDC ont en revanche été beaucoup plus divisés.
Consultation
controversée sur une taxe poids lourd liée aux prestations
Au milieu de l'année,
le chef du DFTCE a mis en consultation un projet de loi concernant la
taxe poids lourd liée aux prestations. Cette dernière remplacerait
l'actuelle taxe forfaitaire, conformément à l'adoption par le
peuple et les cantons en 1994 d'un article constitutionnel autorisant la Confédération
à mettre sur pied une taxe de ce type. Selon le projet du gouvernement,
les camionneurs suisses et étrangers circulant sur le territoire helvétique
devraient débourser quelque 1,6 centime par tonne et par kilomètre
parcouru. Cette nouvelle mesure fiscale permettrait de dégager quelque
750 millions de francs par année, soit quatre fois plus que le produit
de la taxe actuelle. A. Ogi a présenté cette nouvelle taxe poids
lourd comme l'une des mesures d'application de l'initiative des Alpes ainsi
que comme l'un des instruments fiscaux permettant le financement des NLFA. Il
a également souligné que son projet reposait avant tout sur le
principe de la vérité des coûts, le montant de la taxe ayant
été calculé pour qu'une meilleure couverture des coûts
du transport routier soit garantie. Ainsi, certains coûts internes, tels
que ceux d'infrastructure, de même que certains coûts externes,
tels que ceux dus aux accidents, au bruit ou encore ceux liés aux dommages
aux bâtiments résultant de la pollution, ont été
pris en compte. Les autres coûts liés à l'environnement
et à la santé ne seraient en revanche pas couverts. Le ministre
helvétique des transports a en outre fait valoir que cette taxe avait
la faveur des pays membres de l'UE, puisque, d'une part, elle s'appliquait également
aux camions helvétiques et européens et que, d'autre part, ces
derniers envisageaient la mise sur pied d'une taxe similaire au sein de l'Union.
Quant à la réalisation technique de cette redevance, le projet
du DFTCE prévoit qu'elle se ferait au moyen d'un compteur électronique
dont chaque poids lourd devrait être muni.
Lors de la procédure
de consultation, les réactions au projet du gouvernement ont été
plutôt négatives. L'Association suisse des transports routiers
(ASTAG) y a réagi de manière très critique, menaçant
même de lancer un référendum si le Conseil fédéral
ne revoyait pas à la baisse le montant de la taxe. Elle a mis en cause
notamment la hausse trop importante à ses yeux des charges que cette
taxe signifierait et qui entraînerait une chute de la compétitivité
des entreprises de transports suisses. L'ASTAG, de concert avec l'USAM, a également
fait valoir que si le transport routier signifiait des coûts non négligeables
pour la collectivité, il était par ailleurs facteur de bien–être
économique, lequel serait menacé par les conséquences de
cette taxe sur les prix et sur la consommation. L'Automobile Club suisse (ACS)
et le Touring Club suisse (TCS) ont quant à eux mis en doute la validité
des calculs du DFTCE concernant les coûts du transport routier. Les partis
bourgeois n'ont guère accueilli plus favorablement le projet, estimant,
d'une part, que le montant de la taxe était trop élevé,
et, d'autre part, que son introduction n'avait de sens que si l'UE adoptait
une redevance similaire. L'UDC a en outre estimé que cette taxe désavantagerait
encore davantage les régions montagneuses et périphériques,
lesquelles dépendent plus du transport routier. Les seules réactions
positives sont provenues des partis écologiste et socialiste ainsi que
de l'Association Transport Environnement (ATE) et du Service d'information pour
le transport public (Litra). Le PS et l'ATE ont même souhaité que
le montant de la taxe soit progressivement augmenté jusqu'en 2004, date
de la mise en vigueur de l'initiative des Alpes, afin de s'assurer, d'une part,
que le transport routier couvre l'ensemble de ses coûts et, d'autre part,
que cet instrument soit à même d'inciter les transporteurs routiers
à utiliser le rail. Les cantons ont quant à eux eu des réactions
contrastées. Les cantons de montagne et ceux périphériques,
notamment ceux du Jura et des Grisons, ont demandé de pouvoir être
exemptés, ne serait–ce que partiellement, de la nouvelle taxe, arguant
principalement que celle–ci frappait inéquitablement les régions
qui ne disposent pas d'infrastructures ferroviaires suffisantes. Les cantons
urbains ont en revanche été plus favorables au projet du gouvernement,
même s'ils ont exprimé leurs craintes quant aux coûts supplémentaires
que la mise en oeuvre de la loi entraînerait pour leurs finances.
Face à cet
accueil plutôt négatif, le Conseil fédéral a retiré
son projet, ayant l'intention néanmoins d'en proposer un plus consensuel
dans le courant 1996. Il a relevé que nombre de critiques étaient
injustifiées. Ainsi, au sujet des conséquences de la taxe pour
l'économie, il a estimé que le renchérissement ne dépasserait
pas 0,2%. De même, au sujet des conséquences pour les régions
de montagne, il a souligné qu'une partie du produit de la redevance aurait
été plus spécialement attribuée aux cantons de ces
régions.
Message du Conseil fédéral
Le Conseil fédéral
a publié son message concernant la taxe poids lourd liée aux
prestations. Cette dernière devrait être introduite en 2001
et remplacera l'actuelle redevance forfaitaire conformément à
l'article constitutionnel adopté en 1994 par le souverain. Selon le projet
du gouvernement, le montant de la taxe pourrait varier de 1,6 à3 centimes
par tonne et kilomètre parcouru, le Conseil fédéral décidant
du montant précis selon les conditions du trafic et de l'économie
ainsi qu'en fonction de la fiscalité pratiquée par l'UE. Vraisemblablement,
la taxe sera cependant introduite de manière progressive, passant de
1,6 centime lors de son introduction à 2,5 centimes en 2005, ce afin
d'éviter tout renchérissement brutal du trafic de marchandises.
Le produit de la taxe – 750 millions ou 1,2 milliard de francs pour une taxe
de respectivement 1,6 ou 2,5 centimes – reviendra pour deux tiers à la
Confédération et pour un tiers aux cantons. Ces derniers devront
affecter cette manne financière à la lutte contre le bruit du
trafic routier alors que la Confédération pourra allouer les deux
tiers de sa part au financement des grands travaux d'infrastructures ferroviaires
(NLFA, Rail 2000, parois antibruit, raccordement TGV).
Lors de la présentation
de son message, le Conseil fédéral a souligné que cette
future redevance – véritable clé de voûte de la politique
helvétique en matière des transports – poursuivait de nombreux
buts. Parmi ces derniers, la vérité des coûts – mentionnée
par ailleurs explicitement dans le mandat constitutionnel – constituait sans
aucun doute l'objectif principal dans la mesure où le montant de la taxe
avait été calculé pour couvrir l'ensemble des coûts
internes du trafic poids lourd ainsi qu'une partie de ceux externes (ceux liés
aux accidents, au bruit et à la santé ainsi que ceux résultant
des dommages aux bâtiments). Outre cette référence au principe
du pollueur–payeur, le gouvernement a également relevé que la
future redevance constituait un des instruments principaux pour réaliser
le transfert du trafic de la route au rail exigé par l'initiative
des Alpes. Cet élément prenait d'ailleurs d'autant plus d'importance
dans la mesure où la Suisse envisageait d'abandonner, sur pression européenne,
la limite des 28 tonnes: l'exécutif pourra en effet rehausser, le cas
échéant, le montant de la redevance parallèlement à
la levée progressive de la limite du tonnage. Enfin, il fut mentionné
que la taxe poids lourd kilométrique permettrait de financer les grands
projets d'infrastructures ferroviaires et, ultérieurement, de les
rentabiliser en annulant certains effets de distorsion de la concurrence favorables
jusqu'alors à la route.
Au sujet du
montant
de la future redevance, le Conseil fédéral a relevé
que celui–ci n'était ni catastrophique pour l'économie – contrairement
à ce qu'affirmaient les détracteurs du projet – ni disproportionné
par rapport aux tarifs en vigueur sur les grands axes européens. En ce
qui concerne les conséquences pour l'économie, le gouvernement
a fait valoir que le renchérissement serait minime, étant donné
notamment le gain de productivité que permettrait d'engendrer le vraisemblable
abandon de la limite des 28 tonnes. S'adressant aux milieux routiers, l'exécutif
a en outre souligné que des coûts externes importants du trafic
poids lourd – tels que ceux résultant des dommages à l'environnement
– n'avaient pas été pris en compte, les coûts sur la santé
n'étant pour leur part couverts que lorsque la taxe aura été
élevée à 2,5 centimes. Au sujet de la comparabilité
de la redevance avec les tarifs en vigueur au sein de l'UE, l'exécutif
a mis en évidence que le montant de 210 francs (pour une taxe de 2,5
centimes) dont devra s'acquitter un 28 tonnes en transit était tout à
fait comparable avec les taxes en vigueur sur les axes de transit européens
(de 200 à 300 francs sur les axes du Brenner et du Mont–Blanc) [
4].
Le parlement a
pour sa part débloqué les 5,1 millions de francs prévus
dans le budget 1997 pour le développement de l'appareil électronique
nécessaire à la mise en oeuvre de la taxe poids lourd kilométrique.
Alors que ce même poste avait été biffé en 1995 par
les députés, ceux–ci ont estimé que les raisons ayant prévalu
à leur refus l'année précédente n'avaient plus lieu
d'être. D'une part, le gouvernement avait depuis lors publié son
message et ainsi éclairci nombre d'éléments d'application.
D'autre part, l'UE – par la voix de la Commission européenne – avait
déclaré son intention d'édicter des mesures similaires,
dissipant ainsi les craintes de voir la Suisse faire cavalier seul.
Le parlement adopte le projet de taxe poids lourd liée aux prestations.
Lors de sa session
d'été, le Conseil des Etats avait à examiner le
message du gouvernement relatif à la taxe poids lourd kilométrique.
Sans surprise, la question à retenir le plus l'attention des sénateurs
fut celle relative au montant de la future taxe. Alors que le projet de l'exécutif
comprenait une fourchette allant de 1,6 à 3 centimes par kilomètre
parcouru, quatre autres propositions furent discutées. A celles avançant
des montants maximaux et minimaux plus élevés que ceux chers à
l'exécutif – de 2 à 4 centimes pour les socialistes Gentil (JU)
et Onken (TG), voire de 2,5 à 5 centimes pour le démocrate–chrétien
Küchler (OW) – s'opposaient celles émanant de la droite de l'hémicycle
visant à abaisser la fourchette de perception. Après une série
de votes en cascade, une courte majorité de sénateurs a finalement
opté, contre l'avis du Conseil fédéral et de la commission
des transports (CTT), pour la proposition du démocrate–chrétien
grison Maissen prônant une fourchette allant de 0,6 à 2,5 centimes.
A titre d'unique concession faite au camp socialiste ainsi qu'au Conseil fédéral,
les représentants des cantons ont adopté une proposition Onken
laissant au gouvernement la possibilité d'adapter, au 1er janvier 2005,
les tarifs au coût de la vie.
Estimant que l'introduction
de la nouvelle taxe entraînera vraisemblablement un renchérissement
non négligeable des transports routiers, la majorité bourgeoise
de la petite chambre argua qu'il était nécessaire de restreindre
au maximum les conséquences négatives que ce nouvel impôt
pourrait avoir pour l'ensemble de l'économie et plus particulièrement
pour les régions montagneuses et périphériques, qui ne
peuvent reporter leur trafic routier sur le rail faute d'infrastructure ferroviaire
suffisante. De plus, contrairement à ce qu'affirmaient les défenseurs
de montants plus élevés, la fourchette adoptée suffisait
amplement à atteindre les buts poursuivis, une taxe de 2,5 centimes permettant,
de l'avis même du gouvernement, à la fois de couvrir les coûts
externes du trafic routier (1,15 milliards), de favoriser un transfert conséquent
des camions de la route au rail et d'assurer le financement des NLFA. A ceux
qui arguaient que le montant maximal prévu ne couvrait que certains coûts
externes (accidents, dégâts au bâtiment, atteintes à
la santé) sans tenir compte des dégâts à l'environnement,
de nombreux sénateurs ont rétorqué qu'en l'absence d'un
consensus scientifique sur l'estimation monétaire de ce second type de
coûts, il fallait laisser cette question en suspens. Enfin, il fut relevé,
eu égard à l'intransigeance manifestée par l'UE dans le
cadre des négociations bilatérales, que toute taxe dépassant
les 2,5 centimes était illusoire et empêcherait d'aboutir à
un quelconque accord.
Hormis ces modifications
relatives au montant de la taxe, la petite chambre a tenu à prendre
plus explicitement en compte les intérêts des régions périphériques
et montagneuses. Ainsi, elle a ajouté une disposition exigeant du
gouvernement qu'il se soucie plus particulièrement, lors de l'introduction
et de l'adaptation de la taxe poids lourd, des conséquences pour les
régions peu ou pas desservies par le rail. Sur proposition de l'Uranais
Inderkum (pdc), les sénateurs ont également tenu que la répartition
du produit de la redevance revenant aux cantons s'opère prioritairement
en fonction des répercussions de la nouvelle taxe sur ces régions.
Transmis au Conseil
national, le projet de loi fut également vivement discuté.
Après avoir rejeté, lors de l'entrée en matière,
des propositions de renvoi Friderici (pl, VD) et de l'ex–automobiliste Scherrer
(pdl, BE), les conseillers nationaux portèrent eux aussi leur attention
sur le montant de la taxe. A ce sujet, pas moins de six propositions furent
soumises à l'approbation des députés. Outre la fourchette
décidée par la chambre des cantons et celle chère au gouvernement
– soutenues respectivement par le groupe radical et une majorité de la
CTT –, la grande chambre eut notamment à examiner une proposition Giezendanner
(udc, AG) prévoyant de plafonner la taxe à 1,3 centime. Selon
le député argovien, appuyé par son propre groupe ainsi
que par les représentants des partis libéral et de la liberté,
les montants prônés par le Conseil des Etats ne pouvaient que conduire
à un renchérissement inacceptable pour le consommateur et pénaliser
les régions périphériques et montagneuses. A l'autre extrême
figuraient les propositions socialistes et écologistes préconisant
des fourchettes allant jusqu'à 4, voire 6 centimes.
Renvoyant dos à
dos les propositions les plus extrémistes, mais écartant également
les fourchettes plus modérées, les conseillers nationaux ont
finalement opté pour une solution, suggérée par le
radical Bezzola (GR), prévoyant des montants différenciés
selon le tonnage: si, pour un 28 tonnes, la redevance sera comprise entre
0,6 et 2,5 centimes, elle sera de 3 centimes pour un 40 tonnes. Selon la majorité
de la chambre du peuple, cette solution avait l'avantage de distinguer entre
trafic indigène et de transit, le premier étant constitué
principalement de camions de 28 tonnes et le second de 40 tonnes. Ceci permettait
en conséquence de favoriser le transfert de la route au rail du trafic
de transit tout en ne pénalisant pas trop lourdement le transport routier
interne, ce qui contribuerait vraisemblablement à un résultat
positif en cas de votation populaire. Interpellé par certains parlementaires
bourgeois estimant que la solution adoptée serait refusée par
l'UE parce que discriminatoire à l'égard des camions européens,
le chef du DFTCE, qui ne s'était pourtant pas opposé à
la proposition Bezzola, s'est déclaré lui aussi sceptique sur
l'eurocompatibilité de la solution adoptée.
Outre cette modification
du projet adopté par la chambre des cantons, les conseillers nationaux
ont également tenu à exempter de la future redevance les autocars.
Etant donné l'importance de ces derniers pour le secteur touristique,
la majorité de la grande chambre a en effet décidé de ne
soumettre ce type de trafic qu'à une taxation forfaitaire, ce malgré
l'opposition des députés socialistes et écologistes pour
lesquels ce traitement de faveur ne se justifiait pas. Concernant les modifications
introduites par la petite chambre – relatives à une meilleure prise en
compte des intérêts des cantons ainsi qu'à l'adaptation
des tarifs au renchérissement – les conseillers nationaux ont en revanche
facilement suivi leurs pairs sénateurs.
Saisi à
nouveau du projet, le Conseil des Etats a opté, au sujet de la
fourchette de perception de la taxe, pour une solution de compromis. Concédant
à la grande chambre qu'un montant de 2,5 centimes ne serait peut–être
pas à même d'assurer le transfert des 40 tonnes de la route au
rail, les conseillers aux Etats ont cependant tenu, sur proposition
de la radicale Beerli (BE), à ce que le montant de 3 centimes ne figure
pas de manière contraignante dans la loi, mais qu'il constitue uniquement
une limite supérieure à ne pas dépasser. Concernant la
différenciation entre les 40 tonnes et les 28 tonnes, la chambre des
cantons a également souhaité que la loi attribue plus de marge
de manoeuvre aux autorités, les sénateurs laissant au gouvernement
la liberté de diminuer ou non la taxe frappant le trafic de 28 tonnes
de 20%. Selon la majorité de la petite chambre, cette double flexibilisation
de la solution adoptée par le Conseil national était indispensable
si l'on entendait que les négociations bilatérales avec l'Union
en matière de transports aboutissent. L'UE ayant clairement fait savoir
que la discrimination des camions européens posait problème, rendre
uniquement optionnelle la différenciation des tarifs était sans
doute judicieux. De même, ne pas fixer de façon impérative
dans la loi le montant exact auquel seront taxés les 40 tonnes évitait
de donner à l'Union européenne l'impression que le parlement helvétique
voulait imposer unilatéralement, sans possibilité de négociations,
ses vues sur la question. Saluant l'originalité de la proposition Beerli,
le conseiller fédéral Leuenberger a largement repris cette argumentation,
concédant que l'intransigeance européenne avait été
jusque–là sous–estimée.
De retour au
Conseil national, la proposition des sénateurs fut adoptée
par une large majorité des députés. Opposés à
la solution finalement choisie, les socialistes et les écologistes ont
proposé en vain que le montant de trois centimes soit fixé de
manière impérative dans la loi.
Peu après
la décision du parlement, l'ASTAG a annoncé qu'elle lançait
un référendum contre la loi. Selon l'association des transporteurs
routiers, la version approuvée de la taxe renchérira les coûts
des transports par route de non moins de 30%. Cette charge supplémentaire
pour l'économie suisse signifiera une suppression massive d'emplois.
Le comité référendaire pourra compter sur l'appui de l'UDC,
du PL et du PdL. Les partisans du projet adopté (notamment PS, PRD et
PDC) ont pour leur part mis en garde que sans la nouvelle redevance, il deviendrait
impossible, pour des raisons financières, de construire les NLFA, ce
qui rendrait à son tour impossible tout accord avec l'UE en matière
de transports. Le seul aboutissement du référendum pourrait renvoyer
la conclusion d'un accord à 1999. Argumentant de manière similaire,
le Vorort s'est déclaré opposé au lancement du référendum.
Votation sur la RPLP
Le référendum
contre la loi fédérale du 19 décembre 1997 concernant une
redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations (RPLP),
lancé par l'Association Suisse des transports routiers (ASTAG), a abouti
au mois d'avril avec 189 707 signatures.
Par conséquent,
en septembre, les citoyens helvétiques ont été appelés
à se prononcer sur la RPLP. Cette redevance est liée à
la charge transportée et à la distance parcourue. Elle doit remplacer
la taxe actuelle (un montant forfaitaire par année) dès 2001.
C'est avec une majorité de 57,2% que le peuple a accepté la
RPLP, et avec 14 cantons et 4 demi, au terme d'une campagne très
disputée et d'un scrutin marqué par un taux de participation élevé.
Les résultats de la votation ont montré un clivage entre les communes
urbaines et les communes rurales. Les villes se sont prononcées nettement
en faveur de la redevance (64% de oui), alors que les communes rurales l'ont
franchement rejetée (45% de oui). Contrairement aux votations précédentes
qui touchaient aussi la politique des transports, les différences entre
les régions linguistiques ont été dans ce cas relativement
faibles. La Suisse italienne a le plus fortement approuvé la RPLP (67%),
précédant la Suisse alémanique (58%) et la Suisse romande
(52%).
Votation du 27 septembre 1998
Participation:
51,0%
Oui : 1 355 735 (57,2%) / 14 4/2 cantons
Non : 1 014 370 (42,8%) / 6 2/2 cantons
Mots d'ordre:
– Oui : PDC (2*), PRD (13*), PS, PE, PdT, PCS, Adl, PEP; USS, UCAPS,
CSC, Vorort.
– Non : UDC (1*), PL, PdL, UDF; ASTAG, USAM, Centre patronal, ACS.
– Liberté de vote : DS (4*).
* Recommandations
différentes des partis cantonaux.
La campagne
précédant le vote a été particulièrement
intense et conflictuelle en raison de ses implications multiples et enchevêtrées.
Les partisans ont estimé que la RPLP avait un rôle clé
dans la politique suisse des transports, car elle permettait de rétablir
l'équilibre des chances entre le rail et la route et de financer les
nouvelles transversales. Ils ont rappelé que la RPLP autoriserait un
désengorgement des routes et préserverait l'environnement, en
réalisant le principal objectif de l'Initiative des Alpes. Les partisans
ont également insisté sur le lien entre la RPLP et la politique
d'intégration européenne de la Suisse. Sans la taxe, il serait
impossible d'abandonner la limite des 28 tonnes et donc de signer les accords
bilatéraux avec l'UE. En outre, ils ont estimé qu'un refus mettrait
en péril des milliers d'emplois dans la construction, l'industrie ferroviaire
et les entreprises de chemins de fer.
Dans les rangs
des opposants, l'ASTAG a axé la campagne sur les répercussions
économiques de la nouvelle taxe. L'association a estimé que la
RPLP provoquerait une hausse de l'imposition d'un camion de 28 tonnes, de 4000
francs actuellement à 56 000 francs par année. Selon l'association
des routiers, chaque ménage suisse devrait assumer cette hausse à
hauteur de 500 francs par année. A cet argument, le Conseil fédéral
a répondu par ses propres estimations (des experts du DETEC): la RPLP
entraînerait une charge annuelle de 11 à 55 francs par ménage
et un renchérissement minime pour l'économie en raison du gain
de productivité lié à l'autorisation des 40 tonnes. Les
opposants ont également douté des effets de la RPLP sur le transfert
de la route au rail du trafic de marchandises. Ils ont craint que la taxe ait
des effets négatifs pour les régions périphériques
et de montagne. Ils ont refusé aussi toute implication européenne
du scrutin et redouté le non respect de l'affectation des recettes prévue
par la Constitution. Finalement, les opposants ont estimé que la RPLP
mettrait en danger plus de 30 000 emplois.
L'analyse VOX
a révélé que l'appui apporté au projet s'amenuisait
à mesure que l'on se dirigeait vers l'extrême droite de l'échiquier
politique. Les sympathisants du PDC ont accepté le projet dans une moins
large mesure que ceux du PS et du PRD, tandis que l'UDC est parvenue à
mobiliser la majorité de ses troupes contre la RPLP. Les partisans ont
justifié leur vote essentiellement par l'argumentation écologique
de la politique des transports et par le principe du pollueur–payeur. Ils ont
mentionné, en seconde position, l'argument de l'intégration européenne,
puis celui du financement des chantiers ferroviaires. Les opposants, quant à
eux, ont justifié leur vote par quatre arguments de même poids:
le coût élevé pour les ménages, une baisse de la
situation économique suisse en général (pertes d'emplois,
difficultés pour les petites entreprises), la considération de
la RPLP comme un nouvel impôt et le rejet de la politique des transports
dans son ensemble.
1 Notons que la France a repris l'idéée
de mesures de rétorsion contre la taxe poids lourds helvétique et
que des négociations se sont déroulées à ce sujet
en 1989 entre les ministres des transports des deux pays.
2 La petite chambre a repoussé l'initiative
contre la vignette routière par par 33 voix contre 2 et l'initiative sur
la taxe poids lourds par 30 voix contre 4.
3 Au vote final, la grande chambre a repoussé
l'initiative contre la taxe poids lourds par 115 voix contre 33 et celle contre
la vignette routière par 121 voix contre 28.
4 Les recettes de ces taxes ont augmenté
entre 4 et 5% par année depuis leur entrée en vigueur et ont rapporté,
en 1990, 137 millions de francs pour la taxe poids lourds et 191 millions pour
la vignette autoroutière. Par ailleurs, la Commission européenne
a proposé aux pays membres de la CE l'introduction d'une taxe poids lourds
selon un système qui laisserait une certaine liberté aux Etats pour
en fixer les modalités.